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Salvador Dali ( partie 4 )

Se voulant le sauveur de la peinture moderne, Dali consacre les dernières années de son existence à l'étude de tableaux majeurs de Velasquez et de Michel-Ange sous différents angles esthétiques (Les Ménimes, l'Infante Marguerite, la Pieta).
Il se lance dans l'étude des phénomènes des catastrophes. Grâce aux travaux du mathématicien René Thom, l'inventeur de la théorie des catastrophes.
Terrifié depuis toujours par la mort, il recherche une solution pour son immortalité dans l'étude de l'hibernation.
Le 10 juin 1982, une catastrophe majeure s'abat sur un Salvador Dali déjà affaibli par son grand âge : Gala décède à l'âge de 87 ans, abandonnant Dali à la solitude. Dans le désespoir, Dali décide de se suicide par déshydratation, état facilitant d'après lui l'hibernation.
En 1983 il crée les parfums Dali pour homme et pour femmes et leurs flacons en forme de lèvres et de testicules. En mai de la même année, il peint son dernier tableau : La queue d'arronde.
Autre catastrophe presque fatale en 1984, presque grabataire, il échappe de justessse grâce à Robert Descharnes, son homme de confiance et d'affaires, à l'incendie de sa chambre à coucher provoquée par l'abus de l'interrupteur électrique lui permettant d'appeler ses infirmières. Dali est gravement brûlé et devient aphone.

Dali meurt le 23 janvier 1989. Il repose dans la crypte de son musée à Figueras. Par testament, il a légué l'ensemble de ses biens et de son oeuvre à l'État espagnol.

Dali est mort, vive Dali.

Les grands concepts

La mort et les éléments terrorisants
Iconographie


Les sauterelles, les fourmis, le sang et les excréments sont pour Salvador Dali des éléments terrorisants. Loin d'en être fasciné ou d'en faire l'apologie, ces parties de son iconographie surréaliste des années 20 représentent tous les vecteurs de sa folie qui ont failli le terrasser dans sa jeunesse. Le spectre de la mort omniprésent, transfiguré dans des images d'insectes, de putréfaction, de formes molles, ne sont qu'un ensemble d'expérience morbides mal digérées de son adolescence.
L'une des premières expériences vraiment traumatisantes et décisives dans l'attitude et l'évolution psychologique de Salvador touche son rôle au centre même de la cellule familiale.

Dès son plus jeune âge, Dali fut confronté à un problème d'identité profond. Seulement 9 mois avant sa naissance, son frère idôlatré par la famille, prénommé lui aussi Salvador et à peine âgé de 21 mois, mourait d'une gastro-entérite infectieuse. Il est facile de comprendre toute la force du message, une naissance 9 mois après le décès d'un enfant. Dali s'est très longtemps considéré comme le remplacant d'un fils parfait, son double et son usurpateur à la fois, chargé de faire oublier la mémoire de son aîné. Ce poids psychologique énorme va conduire Dali à des excès qui le suivront toute sa vie et qui vont progressivement devenir son modus operandis et la clé de son succès.
La mort suit Dali tout le long de sa carrière et reste une préocupation contestante. La mort de sa mère en 1921 et de ses amis artistes, Garcia Lorca fusillé au début de la guerre d'Espagne et le suicide de René Crevel, poète surréaliste, sont d'autant d'éléments traumatisants rappelant la destinée de l'homme. Fasciné par les sciences, il ira même jusqu'à envisager de se faire cryogéniser, en attendant que la médecine ait vaincu la mort.
Afin d'exorciser ses peurs, Dali crée un délire contrôlé qui lui donne l'avantage sur ses terreurs et permet d'émouvoir les autres. Lorsqu'il peint, Dali filme son subconscient et son conscient. Ses tableaux sont profondément autobiographiques.
Ses toiles avec comme fond d'écran le paysage de sa jeunesse lèvent le voile sur les drames de son existence.

La méthode paranoïa critique

Avec la rencontre de l'amour de sa vie et, par là même, la canalisation progressive de tout ses troubles psychologiques, Dali, dès 1930, va définir une méthode de création qui lui restera propre durant tout sa vie.

Dali fait porter son attention sur les mécanismes internes des phénomènes paranoïaques et envisage la possibilité d'une méthode expérimentale basée sur les associations systématiques propres à la paranoïa. Cette méthode devait devenir par la suite la synthèse délirante-critique qui porte le nom d'« activité paranoïa-critique ». Dans La conquête de l'irrationnel (1935), il la définit comme « un délire d'association interprétative comportant une structure systématique. L'activité paranoïa-critique est en fait une méthode spontanée de connaissance irrationnelle basée sur l'association interprétative-critique des phénomènes délirants. La présence des éléments actifs et systématiques propres à la paranoïa garantit le caractère évolutif et productif propre à l'activité paranoïa-critique. Cela ne suppose pas l'idée de pensée dirigée volontairement, ni de compromis intellectuel quelconque. L'activité critique intervient uniquement comme liquide révélateur des images, associations cohérentes systématiques. L'activité paranoïa-critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif. C'est l'organisation systématique-interprétative du sensationnel matériel, expérimental, surréaliste, épars et narcissique.»

« Matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l'irrationalité concrète, qui provisoirement ne sont pas explicables ni réductibles par les systèmes de l'intuition logique, ni par les mécanismes rationnels. »

Dali coordonne son inconscient et systématise et domine son délire par l'analyse. Donc, pour pénétrer l'oeuvre de Dali, il est impossible de faire abstraction des mécanismes particuliers qui régissent sa pensée pour rendre cohérent et continu son cheminement artistique. Il s'impose sans cesse une gymnastique mentale intense tout en exerçant un contrôle sur les obsessions destructrices latentes qui saturent son esprit.

# Posté le jeudi 29 décembre 2005 13:40

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:03

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Salvador Dali ( partie 3 )

Période mystique nucléaire

L'année 1950 marque l'éclatement des thèmes daliniens. Après sa visite à Rome en 1950 et sa rencontre avec le pape Pie XII, Dali explore l'iconographie de la Renaissance avec ses thèmes religieux catholiques. Ne possédant pas la foi mais tout le mysticisme espagnol, il oriente sa peinture vers des thèmes célestes et sacrés, avec comme toujours comme personnage central Gala.
Toutes ces oeuvres sont basées sur des rapports mathématiques rigoureux et thèmes rappelant le sacré avec comme icône Gala. Dali fait la synthèse entre mystique nucléaire et classicisme et en énonce les grands principes dans le « Manifeste mystique » publié en 1951. Il veut peindre notre époque avec les recettes des grands maîtres du passé.
Depuis ses tous débuts en peinture, Dali a attaché une grande importance à la construction de ses tableaux. Fasciné par la dynamique de la spirale logarithmique, sa théorie paranoïa-critique l'a amené à étudier certains tableaux classiques sous l'angle mathématique. Faisant un parallèle (paranoïaque) entre ces courbes parfaites et la corne mystique du rhinocéros, symbole de puissance et d'érotisme, Dali va générer une nouvelle iconographie phallique.
Ce nouveau délire créatif va le conduire à l'analyse d'un tableau de Veemer qui le fascinait depuis son enfance, dans une esthétique cornue : « La dentellière ». Il en fera un sujet délirant de documentaire filmé : Histoire prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros, publiera plusieurs articles et fera des conférences (voir Module Les Grands Concepts).
La notion de double qui conditionne tout un aspect de la vie et de l'oeuvre de Salvador Dali commence avec la mort pré-natale de son frère continue avec sa méthode paranoïa-critique décelant le double langage des choses, comme pour la fusion entre Veemer et la spirale logarithmique.

À la fin des années 50, Dali s'intéresse aux images en trois dimensions, travaille sur des oeuvres en relief et réalise une série d'oeuvres stéréoscopiques, des images doubles presque similaires qui observées simultanément deviennent, par la magie des lois de l'optique, une seule et même image avec une profondeur.
Dali développe également une nouvelle technique de peinture : le boultisme, ou peinture à l'arquebuse, par « éclaboussure immaculée ».
En 1954, c'est le début du tournage du film « Histoire prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros » réalisé par Robert Descharnes.
En 1959, il présente à Paris de son invention : « l'Ovocipède ».

Les années 60-70

Toujours passionné par toutes les recherches scientifiques, Dali rapporte d'un de ses voyages outre-atlantique en 1962 le « monocle électrocular ». Destiné à l'aéronautique, cet appareil de prises de vues capte les images et les transmet par télévision à une lunette qui joue le rôle d'écran. Cette lumière était conçue de manière à permettre à l'oeil de distinguer l'image télévisée tout en continuant à voir normalement ce qui se trouve dans son champ visuel. La double vision est réalisée, un peu comme les visions provoqué par l'irritation de la rétine ou l'effet de drogue comme la mescaline, le LSD ou autres champignons hallucinogènes.
Dali s'intéresse également de proche à la cybernétique, science constituée par l'ensemble des théories relatives aux communications et la régulation dans l'être vivant et la machine.
L'oeuvre de Salvador Dali durant les années 60 est marquée par 2 tableaux majeurs, synthèses remarquables des techniques picturales passées et présentes : la Pêche aux thons (1966-67) et le Torero hallucinogène (1968-70).
La Pêche aux thons est le résultat de 40 années d'expériences picturales mêlant surréalisme, pointillisme, pop et op art, et l'art psychédélique.
On retrouve dans la dualité des images du Torero hallucinogène l'illusion d'optique et toute l'imagerie dalinienne, la mouche, Gala, la vénus, le thème de la mort, etc.

En 1963 paraît le « Mythe tragique de l'Angélus de Millet », suivi en 1964 du « Journal d'un génie ».
Durant le début des années 70, Dali se consacre à la création d'un musée dans sa ville natale, dans l'ancien théâtre de Figueras. Inauguré le 23 septembre 1974, on y retrouve dans un décor surréaliste, des reproductions de tableaux, des objets, une pièce trompe l'oeil. C'est un happening permanent, un véritable « ready made » dalinien.
En parallèle, Dali explore les nouvelles technologies modernes de l'image en trois dimensions et plus particulièrement les images holographiques. Il présente en mai 1973 son premier chrono-hologramme, technologie qu'il délaissera rapidement fautes d'avancées technologiques majeures dans ce domaine.
En 1978, c'est la première de son scénario de film Babaouo au théâtre du musée Dali, basé sur le livre paru en 1932.
Faute d'immortalité garantie, Dali croule sous les honneurs. En 1978, il est décoré de la Grande Croix d'Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, et est élu à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France comme membre associé étranger.

Dali est mort,
vive Dali.
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# Posté le jeudi 29 décembre 2005 13:37

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:04

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Salvador Dali ( partie 2 )

Les années trente amorcent un tournant majeur dans l 'oeuvre de S.Dali. Le couple Gala-Dali se structure, construisant un environnement propice au développement artistique du jeune peintre. (voir Module Gala)

Progressivement, sous l'oeil vigilant de Gala, Dali va s'affirmer au sein du groupe surréaliste, pour finalement en devenir l'acteur le plus brillant. En effet, Dali s'impose sur la scène médiatique, volant la vedette aux autres artistes à chacune de ses apparitions. Surmontant sa timidité, il se compose un personnage médiatique hors norme, toujours à la pointe de la provocation (voir Module Les Grands Concepts).

Il lance des mots d'ordre artistiques à contre-courant de la mode. Par exemple, au début des années 30 : fini l'art nègre prôné par Picasso et certains surréalistes, vive les « objets décadents européens du Modern Style ».

Dali se met à confectionner des objets surréalistes avec du pain, se mettant à dos les plus révolutionnaires (pro-communistes) des surréalites qui voient dans ce geste un acte de défiance envers la pauvreté ouvrière.

Son activité artistique devient très intense avec les années. En 1932, Dali envoie des toiles en Amérique pour la première exposition surréaliste à New York. Il publie des poèmes, des scénarios de films tels « L'Age d'or », dont la première projection engendra la destruction de la salle de cinéma par les lignes d'extrême droite), et Babaouo, jamais tourné. Il réalise des projets de décors de ballets. Il fait paraître dans la revue artistique « le Minautaure » un article intitulé « De la beauté terrifiante et comestible de l'architecture Modern Style » et relance ainsi l'intérêt pour l'esthétique de 1900.

En 1932, son attention se porte sur l'étude d'une oeuvre de Jean François Millet, «L'angélus» Déja présente dans la demeure familiale durant toute sa jeunesse, cette toile vue sous l'angle paranoïa-critique lui évoque des sentiments obsessionnels troublants, un mélange d'érotisme et de mort. Il étudiera et reproduira plusieurs fois ce tableau, allant jusqu'à l'introduire dans sa propre iconographie.

Un autre thème majeur s'impose et persistera jusqu'à la fin de sa carrière, C 'est l'imagerie de Gala.

1934 - première divergence avec les surréalistes et andré Breton à propose de son tableau « L' énigme de Guillaume Tell.» puis à propos de ses positions ambigues sur Hitler ainsi que sur ses tendances Monarchistes. Dali est exclu des groupes de travail.
En 1935, dans un essai intitulé « La conquète de l'irrationnel, il définit son «activité Paranoïa-critique» et s'attaque à l'Art abstrait.
En 1936, il fait sa première exposition exclusive de ses tableaux à Londres, ainsi que la couverture du Time.
1937 - Dali écrit un scénario pour les Marx Brothers et se lie d'amitié avec Harpo. 1938 - En janvier, avec l'exposition internationale du surréalisme de Paris, le mouvement surréaliste est à son apogé, et bien que partiellement exclu du groupe, Dali y est présent comme «conseiller spécial ».

En juillet Dali réalise un vieux rêve : rencontrer Sigmund Freud, le pape de la psychanalyse.
1939 - Dali prépare sa prochaine exposition New Yorkaise car il sait que son avenir financier dépend de sa percée médiatique outre-atlantique.

En parallèle, il développe des projets de robes et de chapeaux pour son amie Elsa Schiaparelli. ( chapeaux cotellettes, encriers, chapeaux souliers, robes tiroirs)
Il réalise les décors pour les Ballets de Monté Carlo (Coco Chanel réalise les costumes)
En Amérique, Dali devient trés en vogue. Cependant face à des entraves puritaines, Dali publi le manifeste «Déclaration d'indépendance de l'imagination des droits de l'homme à sa propre folie»

«Quand, dans l'histoire de la culture humaine, un peuple éprouve la nécessité de détruire les liens intellectuels qui l'unissaient aux systèmes logiques du passé afin de créer pour son propre usage une mythologie originale, mythologie qui, correspondant parfaitement à l'essence et à la pression totale de sa réalité biologique, est reconnue par les esprits d'élite des autres peuples, alors l'opinion publique de la société pragmatiqe exige par égard pour elle que soient exposés les motifs de la rupture avec les formuules traditionnelles éculées ».

1940 - Face à la menace de Guerre, le couple Dali-Gala part en exile pour les États Unis ou ils s'installent en virginie chez leur amie et collectionneuse la millionnaire Caresse Crosby.
Les années 40 démontrent l'incroyable polyvalence de l'oeuvre de Dali. À l'automne, il retourne à New York pour la création du Ballet « Labyrinthe» pour lequel, il a conçu le livret, les décors et dessiné les costumes...
Il créé egalement des bijoux, redécore l'appartement d'Helena Rubinstein, collabore à la revue Vogue pour un noméro spéciale «Savador Dali». Il écrit en trois mois son premier roman,Visages cachées réalises des pubs des décors...

Ces activités multiples gérées d'une main de fer par Gala sont trés rémunérateurs... le couple Gala-Dali devient trés riche et contrairement aux autres surréalistes exilés eux aussi, vit dans l'opulence et la luxe.
C'est à ce moment que Breton lanca le celèbre anagramme « Avida Dollar »
La période d'exile marqua définitivement la rupture avec le groupe surréaliste. Dali se redécouvre un intérêt croisant pour les influences classiques de la Renaissance et prone un message à contre courant de ses anciens amis. Fini le temps des expériences, retour au source de la peinture. Il réalise des «portraits officiels» de la noblesse Américaine. (rappelant les grands tableaux de Velasquez peigant la royauté) 1943 - Dali publie sa première autobiographie, condensé de vrais-faux souvenirs, anecdotes d'enfance qui constituent une pièce maitresse dans l'échiquier de la mythologie dalinienne.
Il fait la connaissance d'Eleanor et A. Reynolds Morse, deux amateurs passionnés d'art moderne, qui vont constituer la plus grande collection d'oeuvres de Salvador Dali qui est maintenant exposée au musée Salvador Dali Museum de Saint Petersburg, en Floride.


1946 - il collabore avec Walt Disney au film «Destino», dans lequel personnages et objets réels sont mélés à des personnages et décors déssinés (le film ne sera jamais terminé).
En parallèle, Dali travaille avec Alfred Hitchcock. il est chargé de la conception des décors de la scène onirique de « Spellbound, la maison du Dr Edwards ».
Il fait la connaissance du photographe Philippe Halsman et commence un collaboration étroite jusqu'à la mort de ce dernier en 1979.

De 1945 à 1949, Dali est comme toujours à l'affût de la moindre découverte et évolution de son temps. Exilé à cause de la guerre en Europe, son inspiration vient tout droit de son environnement américain, mélangée à ses souvenirs de Catalogne et des symboles de l'Amérique comme Coca Cola. Mais ce qui marque plus Dali c'est l'explosion de la première bombe atomique, le août 1945, à partir de laquelle il crée une nouvelle esthétique de fragmentation nucléaire.
C'est le début de sa période atomique. Il étudie les lois mathématiques, la théorie de la divine proportion, incluant le Nombre d'or. Ce nombre d'or (1,618) se retrouve dans le rapport des longueurs des surfaces et des formes : pyramides Keops, Parthenon, peinture de la Renaissance italiennne (Raphaël, Leonard de Vinci)

1948 - Parution de son essai « 50 secrets magiques» synthétisant 20 années d'experimentation picturale .
« Peintre, mieux vaut être riche que pauvre : apprend donc comment faire naître de ton pinceau l'or et les pierres précieuses. »
1949 - Dali et gala reviennent en Europe et peint ses premiers tableaux religieux. « Ne craint pas la perfection : tu ne l'atteindras jamais ! »
« Commence par apprendre à dessiner et à peindre comme les anciens maîtres. Tu pourras ensuite faire comme tu voudras, chacun te respectera. »
Si tu es de ceux qui croient que l'art moderne a surpassé Veermer et Raphaël, ne lis pas de livre et continue dans ta béate idiotie.»
« Pas de chef-d'oeuvre dans la paresse ! »
« La paresse et le manque total de technique actuels ont trouvé leur paroxysme dans la signification psychologique de l'usage courant du collage. »
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# Posté le jeudi 29 décembre 2005 13:34

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:03

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Salvador Dali


Neuf mois avant la naissance du peintre Salvador Dali, meurt à 21 mois son frère aîné, lui aussi prénommé Salvador... Son violent désir de remplacer ce frère adulé mort prématurément va bouleverser à jamais sa destinée.
Expulsé du paradis intra-utérin, Savador, Felipe, Jacinto Dali Domenech, fils légitime de Don Salvador Dali y Cusi et de Dona Felipa Domenech naît dans la ville de Figueras le 13 mai 1904.

Situé en Catalogne, sur la côte méditerranéenne, proche de la frontière franco-espagnole, la région de l'Ampudan et plus précisement le mystérieux Cap de Creus va abriter et stimuler Salvador Dali tout le long de sa vie. Ces décors rocheux changeants au gré de la lumière et des saisons vont marquer à jamais l'imagerie du jeune peintre et représenter un havre de paix et de création et ce, jusqu'à sa mort.

Très tôt, Salvador prend conscience de sa place au sein de la famille. Deuxième fils, survivant d'un frère adulé mort en bas âge, Salvador va tout faire pour s'imposer comme l'unique fils de la famille et effacer le souvenir partout présent dans la demeure de ce frère, ce double. Très tôt il décèle les clés de son succès : la surprise permanente et la provocation...

S'affirmer différent pour effacer le souvenir de ce frère mort

Dans son autobiographie « La vie secrète de S. Dali » Dali avoue complaisamment ses petits jeux pervers avec son entourage et se décrit comme un véritable « pervers polymorphe ». En plus d'uriner par plaisir chaque matin dans son lit, il s'efforçait de déféquer dans des lieux inattendus (tiroirs, chaussures, pots) puis lançait le signal des recherches à ses parents et domestiques paniqués...

Malgré sa timidité maladive, il pratiquait sans gêne l'exhibitionnisme avec comme victimes préférées les domestiques.

À six ans Salvador voulait être cuisinière insistant sur le genre feminin du terme.
À 7 ans, il voulait être Napoléon,
Trés tot, il montre un attrait pour les arts, Dali ne cesse d'observer les choses et les etres qui l'entourent. L'environnement familial est propice au développement artistique. Grâce à un ami peintre de la famille Ramon pichot, il découvre, l'art impressionniste espagnol.

Fasciné par cette peinture, des l'âge de 14 ans, il se proclame impressionniste. Plus que l'esthetisme c'est la philosophie meme du mouvement impressionniste qui l' intéresse : La recherche de l'anti-académique et du révolutionnaire. Pour réinventer l'Impressionnisme, Dali se dote d'un objet magique. Un bouchon de carafe de cristal. Au travers, il voit le monde, et le restitue en peinture. Ses sujets favoris sont les paysages de sa région et des portraits de sa famille.

Dés 1918, il expose avec d'autres artistes locaux et s 'attire de bonnes critiques. Il tient des chroniques d'art dans la revue littéraire de sa région (Studium) où il vante les mérites des peintres de la Renaissance ( Leonard de Vinci, Raphael, Michel ange, Velasquez...)

Au grand desespoir de son père, Salvador est beaucoup plus préoccupé par ses recherches artistiques que par les études classiques des Frères Maristes.
Pour éviter le pire, en octobre 1921, il l'inscrit de force à l'école des beaux arts de Madrid, pour en faire au moins un professeur respecté. L'académie représente tout ce que dèteste salvador et il s'opposera systématiquement à l'enseignement classique de ses professeurs, allant même jusqu'à se faire expulser 2 fois.

En effet, L'enfoi roi idolatré par sa famille devient avec l'adolescence, un contestataire anarchisant, protestataire global par principe et en opposition sur tout avec tout le monde.

Son image de contestataire, le conduira presque malgré lui en prison (35 jours pour avoir soit disant brulé le drapeau espagnol) et faisant de lui un héro sur le plan local. Le mythe se forge progressivement entrainant la fureur de son père.

En 1918, le mère de Dali meurt, renforcant le traumatisme morbide qui ronge doucement Salvador.

Durant ces premières années d'études artistiques, dali en parallèle explore l'Art moderne, fait ses classes en analysant et reproduisant les grands maitres cubistes et futuristes. Il est fascine par Picasso, Chirico et Juan Gris.

Cependant toutes les influences artitisques et les emprunts qu'il fait ne durent guère plus que quelques toiles Néanmoins, c'est à partir de 1926 que S. Dali va affirmer son style si particulier.

Grâce à son talent naturel et malgré sa timidité maladive, il se lie d'amitié avec Garcia Lorca et Luis Bunüel, tous deux étudiants mais aussi leader des artistes «avant gardistes» espagnols.

Garcia Lorca (1898-1934) est un jeune poète écrivain, de près de 6 ans l'ainé de Salvador. Il dégage un charme naturel, il a le verbe haut et sait être convaincant.
Durant toute la période de l'académie de San Fernando, leur relation va être trés intense.
Homosexuel, Lorca va fleurter avec Dali cependant on ne saura jamais , compte tenu des affabulations de Dali ce qui se passa reellement. Leur amitié va decliner progressivement avec le rapprochement avec les surréalistes et surtout son l'influence croissante de Luis Bunuel.

Bunüel (1900 - 1983) : Moins intense et intime que la relation avec Lorca, l'amitié qu on entretenu les 2 artistes n'en est pas moins sincère et concrète. Luis déjà introduit dans les milieux artistiques parisiens va faire profiter de ses contacts à Salvador. Vindicatif et provocateur Bunuel, l'ange noir aragonais est un anticonformiste radical trés engager politiquement. «La nécéssité de manger n'excuse pas le prostitution de l'art.» « - je suis contre la moral conventionnelle, les fantasmes traditionnels, le sentimentalisme et toutes les saletés morales de la société.»
Dali et Luis Bunüel auront 2 projets majeurs en commun avant de se brouiller définitivement 2 films surréalistes Un chien Andalou, en 1928 et l'Age d'Or en 1930.

En 1922, Dali abandonne le cubisme pour s'interesser à l'ecole métaphysique de la peinture dirigée par Giorgio de Chirico qui explore le monde des perceptions et des expériences interieurs.
En dehors du monde de la peinture, Dali est fascine par les sciences nouvelles et notamment la psychanalyse. En 1925, il étudie méticuleusement les oeuvres de Sigmund freud et voit dans ces travaux son salut et celui du surréalisme tout entier.

En 1927, avec l'appui de Joan Miro peintre influent lui aussi catalan, il reussit à faire accepter à son pere l'idée d'un voyage à Paris. Bien que trés rapide et assez frustrant, il garde de ce sejour 3 rencontres marquantes : Versailles, le Musée Grévin et Picasso. Dali rencontra Picasso dans son atelier. « je viens chez vous avant de visiter le Louvre, lui dit Salvador «Vous n'avez pas tord» lui retorqua Picasso.

En 1928 S. Dali et Bunüel écrivent conjointemant un scénario surréaliste pour un film que tournera Bunuel l'année suivante intitulé : Un chien Andalou. Bien que le résultat fut explosif médiatiquement « comme un poignard en plein coeur du Paris spirituel, élégant et cultivé» dali reste déçu du resultat.
Au printemps, 1929 Dali revient à Paris (invité par Bunüel pour le tournage ), et rencontre l'Élite avant-gardiste parisienne.

L'été suivant, répondant à son invitation, Magritte, Bunuel, Eluard et sa femme, Gala, lui rendent visite à Cadaqués. Malgré les troubles psychologique évident du jeune peintre, Gala est tout de suite séduite par Dali qui est tombé éperdument amoureux d'elle au premier regard.

À partir de ce moment, rien ne sera jamais plus pareil (voir Module Gala)

L'idylle foudroyante que vivent Gala et Dali n est pas du gout du père du jeune peintre. Dali refusant le mondre compromis est expulsé par son pére de la demeure familliale.
Presque sans un sou le couple Gala-Dali se refugie dans une petite maison de pécheure de Port Lligat.

Les grandes douleurs engendrent les chefs d'oeuvres. Stimulé et soutenu à chaque instant par sa maitresse-femme, dali se met à peindre ses obsessions les plus profondes. Le thème du désir est prédominant dans les oeuvres de cette période. Avec la rencontre de Gala, Dali va découvrir et domestiquer un univers érotique stimulant et constructeur qui jusqu'alors le terrorisait.

Motivé sur tous les plans, Salavador Dali à force d'introspections et d'analyses va transformer ses psychoses qui le rongent en une méthode de création surréaliste révolutionnaire: La méthode Paranoia-critique :

# Posté le jeudi 29 décembre 2005 07:26

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:04

[ muZik ] -Georges Brassens-

[ muZik ] -Georges Brassens-
Georges Brassens


Personnalité incontournable de la chanson française, artisan, poète et rebelle, Georges Brassens a révolutionné la chanson et bousculé les règles du music-hall. Se produisant généralement seul avec sa guitare, sans se livrer à des interprétations spectaculaires, Brassens développa un style très personnel. Evoquant dans ses morceaux des personnages marginaux et s'attaquant à des sujets tabous ou coquins -en utilisant un vocabulaire populaire sans euphémismes-, Brassens étonna tout le monde, enthousiasmant les uns, froissant les autres. Il laisse pour héritage un répertoire riche de dizaines de succès, devenus autant de classiques.

Fils de maçon, italien par sa mère, Georges Brassens naît le 21 octobre 1921 à 18 heures, à Sète dans l'Hérault, rue de l'Hospice. Sa mère, Elvira, fille d'un napolitain, et son père, Jean-Louis, sont des gens simples et honnêtes.

Georges grandit au sein d'une famille nombreuse composée de sa demi-soeur, ses parents, ses grands-parents et leurs chats... A l'école, il n'est pas très en verve, se réveillant à la récréation, et préférant ses cours de musique.

Le poète tranquille

Dès 14 ans, il commence à écrire quelques "fadaises", et c'est au collège que la lecture des poètes l'éveille réellement à l'écriture. Avec ses amis, il découvre la musique et la liberté de l'école buissonnière.

Mais à l'aube de ses 18 ans, une sombre histoire de vol le fait écoper d'un an de prison avec sursis, l'humilie auprès de ses proches et des voisins, et le fait renvoyer du lycée. C'est ce déclic malheureux qui le pousse à rejoindre Paris, chez sa tante Antoinette, en février 1940, rue d'Alésia.

Son premier boulot le conduit aux usines Renault de Boulogne Billancourt. Le soir, sur le piano de sa tante, il s'essaie à ses premiers accords. Mais les Allemands envahissent Paris, et Brassens retourne à Sète. Cependant, trois mois plus tard, il ne peut s'empêcher de retrouver la capitale.

Ne pouvant reprendre son poste chez Renault, il se jette dans un travail acharné: la découverte de la musique sur le vieux piano d'Antoinette. Il lit beaucoup, pour tuer le temps dans ce Paris désert: Paul Fort, Rimbaud, et surtout Villon. Ce travail le mène en 1942 à publier son premier recueil de poésie, 'Des coups d'épées dans l'eau', suivi rapidement de 'A la venvole'.

Il rencontre, parmi les amis de sa tante, Jeanne Le Bonnier, "la Jeanne" qui habite à deux pas de là. Leur relation durera à jamais, malgré la différence d'âge (elle est née en 1891!), d'abord amicale, puis amoureuse.

La guerre

Mais c'est la guerre et Brassens est envoyé en Allemagne début 1943. C'est alors qu'il rencontre Pierre Onteniente, dit Gibraltar, son ami, secrétaire et compagnon. C'est aussi au STO qu'il fait ses premières armes devant un public, un public si particulier avide d'émotion, d'amour et d'amitié en ces temps difficiles.

Lors d'une permission, Brassens "oublie" de revenir en Allemagne, et c'est encore chez Jeanne qu'il se cache à Paris, impasse Florimont, cette cour des miracles où se côtoient poules, chats et chiens, et au milieu, "la cane de Jeanne".

L'appartement est vétuste, mais Georges y restera plus de vingt ans, jusqu'en 1966. Il y vit des moments fabuleux avec ses amis, dont un certain René Fallet. Pendant cette période, jusqu'à la fin de la guerre, Brassens vit caché, profitant de sa réclusion pour écrire, jusqu'à la libération. Ensuite, tout en écrivant, il continue à vivre chez Jeanne.

En 1947, il rencontre Jona, sa Püppchen. Sa vie est rythmée par ses chansons, mais il n'ose pas encore les interpréter et elles restent ignorées de tous. Par relation, il commence à écrire dans la revue 'Le Libertaire', revue anarchiste, sous différents pseudos. Mais, lassé, il quitte le journal. Ses démarchages auprès des cabarets parisiens restent vains...

Fin 1951, un ami réussit à faire passer Brassens au Caveau de la République. Ce passage, quoique peu applaudi, redonne confiance à Georges. Il retravaille alors quelques-unes de ses chansons, et le 6 mars 1951, Patachou l'auditionne en public, parmi lequel un certain Pierre Nicolas, futur ami et musicien de Georges. Tout le monde est subjugué, et c'est ce soir-là que Georges devient Brassens...

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Ses vrais débuts ont lieu le 9 mars. Jacques Canetti, ami de Patachou et gérant des Trois Baudets, où débutèrent Brel, Mouloudji et Devos, invite Brassens à jouer chez lui. C'est enfin, à plus de trente ans, le succès tant attendu.

Chez Polydor (Philips), Brassens enregistre Maman Papa avec Patachou, puis Le Gorille, La mauvaise réputation, Le petit cheval, ... Les concerts s'enchaînent, Bobino en 1953, deux Olympias en 1954, et les récompenses pleuvent: Grand Prix de l'Académie Charles Cros, édition de ses chansons chez Denoël, ...

1957 est une année riche pour Brassens. Bobino, l'Alhambra, l'Olympia, une tournée à l'étranger, mais aussi une année difficile avec l'apparition de coliques néphrétiques très douloureuses.

Les années passent et se ressemblent, de succès en succès, entrecoupées parfois par des faits dramatiques, comme la perte de sa mère en 1962, une alerte grave la même année en plein Olympia et le décès de son père en 1965.

En 1966, après un triomphe au TNP, Georges quitte l'impasse Florimont que Jeanne habite désormais avec son nouveau mari. Très attaché à "son" 14e arrondissement, il déménage non loin de là, près de son ami Brel. Mais un nouveau malheur vient le frapper le 24 octobre 1967: Jeanne, "sa" Jeanne meurt. C'est tout un monde qui s'écroule.

Les années qui suivent le voient triompher dans toutes les salles, à Paris comme en Province, en France comme à l'étranger, avec souvent en première partie, des jeunes chanteurs tels que Philippe Chatel, Maxime le Forestier, ou Yves Simon.

Il achète aussi une maison en Bretagne, région d'origine de Jeanne, et s'y évade de temps en temps en se mêlant aux villageois et en recevant ses amis.

En 1973, il entame sa dernière tournée, d'abord en Belgique puis en Grande-Bretagne où sera enregistré son album Live in Great Britain. Et en 1976, à la sortie de son dernier disque, il occupe Bobino durant cinq mois, jusqu'en 1977.

Novembre 1980: sa santé est préoccupante. Il est opéré d'un cancer. Pendant l'été 1981, au plus mal, il trouve encore la force de retourner au pays, à Sète, et il y meurt le 29 octobre 1981, à 23h15.

Il est enterré au cimetière Le Py, le cimetière des pauvres, bien loin du cimetière marin cher à Paul Valéry... Un musée est aujourd'hui consacré à Georges Brassens dans sa ville natale de Sète.

# Posté le jeudi 29 décembre 2005 07:15

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:03