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Salvador Dali ( partie 4 )

Se voulant le sauveur de la peinture moderne, Dali consacre les dernières années de son existence à l'étude de tableaux majeurs de Velasquez et de Michel-Ange sous différents angles esthétiques (Les Ménimes, l'Infante Marguerite, la Pieta).
Il se lance dans l'étude des phénomènes des catastrophes. Grâce aux travaux du mathématicien René Thom, l'inventeur de la théorie des catastrophes.
Terrifié depuis toujours par la mort, il recherche une solution pour son immortalité dans l'étude de l'hibernation.
Le 10 juin 1982, une catastrophe majeure s'abat sur un Salvador Dali déjà affaibli par son grand âge : Gala décède à l'âge de 87 ans, abandonnant Dali à la solitude. Dans le désespoir, Dali décide de se suicide par déshydratation, état facilitant d'après lui l'hibernation.
En 1983 il crée les parfums Dali pour homme et pour femmes et leurs flacons en forme de lèvres et de testicules. En mai de la même année, il peint son dernier tableau : La queue d'arronde.
Autre catastrophe presque fatale en 1984, presque grabataire, il échappe de justessse grâce à Robert Descharnes, son homme de confiance et d'affaires, à l'incendie de sa chambre à coucher provoquée par l'abus de l'interrupteur électrique lui permettant d'appeler ses infirmières. Dali est gravement brûlé et devient aphone.

Dali meurt le 23 janvier 1989. Il repose dans la crypte de son musée à Figueras. Par testament, il a légué l'ensemble de ses biens et de son oeuvre à l'État espagnol.

Dali est mort, vive Dali.

Les grands concepts

La mort et les éléments terrorisants
Iconographie


Les sauterelles, les fourmis, le sang et les excréments sont pour Salvador Dali des éléments terrorisants. Loin d'en être fasciné ou d'en faire l'apologie, ces parties de son iconographie surréaliste des années 20 représentent tous les vecteurs de sa folie qui ont failli le terrasser dans sa jeunesse. Le spectre de la mort omniprésent, transfiguré dans des images d'insectes, de putréfaction, de formes molles, ne sont qu'un ensemble d'expérience morbides mal digérées de son adolescence.
L'une des premières expériences vraiment traumatisantes et décisives dans l'attitude et l'évolution psychologique de Salvador touche son rôle au centre même de la cellule familiale.

Dès son plus jeune âge, Dali fut confronté à un problème d'identité profond. Seulement 9 mois avant sa naissance, son frère idôlatré par la famille, prénommé lui aussi Salvador et à peine âgé de 21 mois, mourait d'une gastro-entérite infectieuse. Il est facile de comprendre toute la force du message, une naissance 9 mois après le décès d'un enfant. Dali s'est très longtemps considéré comme le remplacant d'un fils parfait, son double et son usurpateur à la fois, chargé de faire oublier la mémoire de son aîné. Ce poids psychologique énorme va conduire Dali à des excès qui le suivront toute sa vie et qui vont progressivement devenir son modus operandis et la clé de son succès.
La mort suit Dali tout le long de sa carrière et reste une préocupation contestante. La mort de sa mère en 1921 et de ses amis artistes, Garcia Lorca fusillé au début de la guerre d'Espagne et le suicide de René Crevel, poète surréaliste, sont d'autant d'éléments traumatisants rappelant la destinée de l'homme. Fasciné par les sciences, il ira même jusqu'à envisager de se faire cryogéniser, en attendant que la médecine ait vaincu la mort.
Afin d'exorciser ses peurs, Dali crée un délire contrôlé qui lui donne l'avantage sur ses terreurs et permet d'émouvoir les autres. Lorsqu'il peint, Dali filme son subconscient et son conscient. Ses tableaux sont profondément autobiographiques.
Ses toiles avec comme fond d'écran le paysage de sa jeunesse lèvent le voile sur les drames de son existence.

La méthode paranoïa critique

Avec la rencontre de l'amour de sa vie et, par là même, la canalisation progressive de tout ses troubles psychologiques, Dali, dès 1930, va définir une méthode de création qui lui restera propre durant tout sa vie.

Dali fait porter son attention sur les mécanismes internes des phénomènes paranoïaques et envisage la possibilité d'une méthode expérimentale basée sur les associations systématiques propres à la paranoïa. Cette méthode devait devenir par la suite la synthèse délirante-critique qui porte le nom d'« activité paranoïa-critique ». Dans La conquête de l'irrationnel (1935), il la définit comme « un délire d'association interprétative comportant une structure systématique. L'activité paranoïa-critique est en fait une méthode spontanée de connaissance irrationnelle basée sur l'association interprétative-critique des phénomènes délirants. La présence des éléments actifs et systématiques propres à la paranoïa garantit le caractère évolutif et productif propre à l'activité paranoïa-critique. Cela ne suppose pas l'idée de pensée dirigée volontairement, ni de compromis intellectuel quelconque. L'activité critique intervient uniquement comme liquide révélateur des images, associations cohérentes systématiques. L'activité paranoïa-critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif. C'est l'organisation systématique-interprétative du sensationnel matériel, expérimental, surréaliste, épars et narcissique.»

« Matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l'irrationalité concrète, qui provisoirement ne sont pas explicables ni réductibles par les systèmes de l'intuition logique, ni par les mécanismes rationnels. »

Dali coordonne son inconscient et systématise et domine son délire par l'analyse. Donc, pour pénétrer l'oeuvre de Dali, il est impossible de faire abstraction des mécanismes particuliers qui régissent sa pensée pour rendre cohérent et continu son cheminement artistique. Il s'impose sans cesse une gymnastique mentale intense tout en exerçant un contrôle sur les obsessions destructrices latentes qui saturent son esprit.

# Posté le jeudi 29 décembre 2005 13:40

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:03

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